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Vivent nous… Tant que nous sommes là…

Lorsqu’en 1989 le mur de Berlin fut démoli le monde entier était heureux de la brèche, de l’ouverture du monde communiste à l’économie de marché. J’étais un des rares, déjà à l’époque, à y voir autant de risques que de sources de réjouissance. J’apparaissais, déjà encore, comme le rabat-joie de service avec mes visions d’un avenir funeste si l’on n’y prenait garde, alors que celui-ci semblait flamboyant à l’immense majorité des populations du monde. La consommation enfin offerte à tous, le libre-échange avec une partie de notre terre qui avait été sacrifiée sur l’autel des idéaux généreux du collectivisme triomphant des années 60 et 70. Cela ne présageait que du bonheur… La suite fut ce que nous savons…

 

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En fait, la chute du mur était la fin définitive des trente glorieuses. Effectivement, vu sous l’angle de la consommation, il parait logique de donner, à tous, les mêmes ingrédients du bonheur, puisque la société occidentale semblait en être l’unique détentrice sur le territoire continental européen. La constante augmentation des biens entre les mains des européens de l’ouest était manifeste et générait des regards d’envie de la part des peuples voisins qui n’en profitaient pas du fait de leur ostracisme politique et économique. La télévision et tous les moyens de communication se développant, il devenait de plus en plus difficile pour les gouvernements de l’autre côté du rideau de fer de cacher leur véritable position, eu égard à leur retard, essentiellement dû à de mauvais choix politiques et économiques vis-à-vis des comportements capitalistes et libéraux, il ne leur était pas possible de ne pas s’adapter au monde des « marchés libres » ou presque. Les dirigeants communistes avaient compris avant tout le monde qu’ils n’en perdraient pas pour autant le pouvoir et que seuls les moins malins d’entre eux payeraient l’addition de toutes les maladresses et du malheur infligés à leurs peuples. Cette petite « épuration » réalisée, détenant déjà l’argent et les réseaux, les dignitaires des partis restèrent en place et devinrent les parangons du capitalisme nouveau, celui inventé, soi-disant, par les ex collectivistes. Les mafias restèrent aussi inamovibles que les anciens propriétaires du régime puisqu’elles en étaient les associés discrets mais efficaces. Les drogues et autres produits illicites circulaient déjà partout dans les pays communistes pour la plus grande satisfaction des politiciens comme de leurs partenaires voyous officiels. Mais en s’ouvrant, le marché des pays de l’est amenèrent aussi chez nous leurs mains d’œuvre bon marché, leurs habitudes plus ou moins mafieuses, et, tout en apportant des débouchés nouveaux ils n’en apportaient pas moins leur contrepoids d’inconvénients. Mais, comme toujours, les avantages sont pour les multinationales, avec leurs mirifiques contrats, alors que les points négatifs sont réservés aux éléments socialement les plus bas des peuples, qui se retrouvèrent en compétition avec leurs frères de l’est pour qui le quart du SMIC était déjà un miracle d’évolution économique. Tout cela sur un fond de productivisme à outrance afin de satisfaire le retard des uns par rapport aux autres. D’où une croissance encore forte dans un monde voué à une décroissance certaine.

 

La Chine, qui démarra sa révolution à rebours dès 1978 grâce aux préceptes proposés par Deng Xiaoping et Chen Yun, se retrouva dans la même situation à cela près qu’elle avait une main d’œuvre encore plus nombreuse et moins chère que les autres pays libérés du joug communiste. Cependant, avec la crise de 2008, les exportations du pays chutèrent drastiquement de 20 % et ce n’est que cette année qu’elles retrouvèrent le même niveau. La croissance rapide de cette gigantesque contrée permit une élévation du niveau de vie de ses habitants, créant de ce fait un désavantage, conséquence des augmentations de salaires qui réduisaient d’autant leur compétitivité. La Chine souffre donc des mêmes maux que le reste du monde mais possède d’autres atouts auxquels elle n’a pas encore fait appel. Ce pays grandiose, par son histoire, par sa culture, par l’importance qu’il revêt dans le petit monde où nous vivons vient d’achever, le mois dernier plus exactement, son dernier plénum. Un Comité central est un événement exceptionnel. Le plenum après un congrès est encore plus important. C’est généralement à ces moments que sont décidés les événements majeurs qui vont marquer le futur immédiat de la politique chinoise et ses décisions économiques. C’était le cas cette fois-ci encore et ces dates du 9 au 12 novembre, celles justement du dernier plénum, ne vont pas être faciles à oublier pour nous, pauvres capitalistes occidentaux à la dérive du manque de croissance sans laquelle nous ne croyons pas en l’avenir.

 

Les décisions peuvent se résumer à ces points :

1° Le marché intérieur doit être développé. Le développement d’une sécurité sociale et un système équilibré de pensions doit encourager la population à ne plus continuer à épargner tout le fruit de son travail. Les forces de travail qui émigrent de la campagne vers les villes doivent obtenir les mêmes droits à la sécurité sociale et au logement. L’agriculture doit devenir plus productive pour qu’une nouvelle main-d’œuvre puisse migrer vers l’industrie dans les nouvelles zones urbaines. Les paysans qui deviennent ouvriers doivent pouvoir vendre leur terre ou l’utiliser comme caution. [« La Chine a su éviter la formation de taudis, qui forment une cicatrice dans tant de villes de pays en voie de développement, grâce à un système strict d’autorisation de résidence connu sous le nom de hukou. Celui-ci rend difficile de déménager de manière permanente de la campagne à la ville. »]

 

2° L’économie chinoise doit être axée sur l’innovation. A cet effet, sept secteurs stratégiques de croissance ont été fixés : la biotechnologie, les nouvelles énergies, la machinerie de haute qualité, la conservation de l’énergie et la protection de l’environnement, les nouveaux matériaux, les véhicules énergétiquement propres et la nouvelle génération de technologie informatique. La Chine veut ainsi poursuivre sa croissance de manière plus lente mais plus durable, et doubler le revenu par habitant d’ici 2020. A terme, le pays devrait passer d’une économie de revenus moyens à une économie de hauts revenus.

 

Si l’on ajoute à cela les nouveaux accords de l’OMC… En résumé, on n’a pas fini d’en baver, ils viennent, une fois de plus piétiner nos platebandes et on va s’en prendre plein les yeux… Ils ont les moyens, ils ont leur marché intérieur et nous nous avons… du sang et des larmes… Tout ça en continuant de gaspiller nos matières premières, en espérant une croissance infinie et exponentielle… Ils rêvent tous, ce sont de doux dingues. Même les Chinois n’ont rien compris alors que leur culture aurait dû les aider à analyser la situation autrement… Mais c’est comme ça, quand l’American Way of Death nous tient, c’est jusqu’au bout… la mort de notre société et peut-être plus si affinité…

 

Quel beau weekend s’annonce, n’est-ce pas ?

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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