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« LA » Chronique… (256) La pollution et la précaution

J’écoutais France Inter ce matin et j’ai eu la joie et la honte d’entendre un reportage sur la pollution autour de l’étang de Berre près de Marseille. La joie parce que des gens se battent pour faire valoir leurs droits à vivre et la honte parce que personne ne les écoute.

Pollution et principe de précaution

Nous avons toutes sortes de réglementations et normes qui nous sont imposés par l’Europe, par notre état et par toutes sortes d’administrations. Par ailleurs, grâce à Chirac, peut-être l’une des rares choses intelligentes qu’il a commises durant ses deux mandats, nous avons inscrit dans notre Constitution le principe de précaution. Sachez simplement que si ce principe était appliqué, toutes nos industries, des plus techniquement avancées jusqu’à la plus simple, tous domaines confondus, seraient obligées de s’arrêter. Eh oui, tous ces beaux produits chimiques qui sont mis dans nos détergents, dans notre alimentation, dans notre agriculture, dans nos vêtements, enfin partout, ne sont pas inoffensifs. Beaucoup n’ont pas donné lieu avant leur mise sur leurs marchés respectifs à des études objectives. Beaucoup d’études sont faites mais par des gens qui sont confits de conflits d’intérêts au profit et à la solde de leurs employeurs et autres lobbies. Alors lorsque les patrons du CAC40 se plaignent de ce fameux principe, il faudrait leur dire qu’ils sont loin du compte, quelles seraient leurs jérémiades si celui-ci était appliqué avec la rigueur de la Constitution qui est bien plus forte que les lois puisqu’elle en est la protectrice.

Pollution et « business as usual »

Il faut bien admettre que nous sommes complices de cette situation et j’entendais même dire, par une victime subissant les affres de son troisième cancer, que c’était ainsi. La résignation la plus stérile et stupide qu’un être puisse entendre. Elle accusait bien les industries polluantes qui garnissent les alentours de sa maison mais finalement préférait baisser les bras et oublier que ce n’était pas elle qu’elle devait défendre mais ses enfants et sa descendance. Mais le discours habituel des traites à payer, la voiture à acheter, les téléphones à changer tous six mois ou au mieux tous les ans, a eu raison de son antagonisme vis-à-vis de ses bourreaux. Le pire dans tout cela est que les industriels, forts en chantage à l’emploi, savent les dangers qu’ils font courir à leurs voisins mais le profit leur exige de pérenniser le système. Voilà le monde dans lequel nous vivons, encerclés par des assassins qui ne pensent qu’à l’immédiateté de leurs bénéfices au détriment du monde de leurs propres enfants, nous sommes devenus leurs complices passifs et consentants. Alors oui, nous avons le principe de précaution mais juste pour des peccadilles, des choses sans importance qui nous abêtissent et nous rendent dépendants toujours plus aux obligations d’un système qui nous tue à petite vitesse. Sauf que la vitesse augmente aujourd’hui de façon exponentielle…

Bienvenue dans le monde selon Macron 1er !

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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1 Comment

  1. Daniel Jagline Répondre

    Combien de fois ais-je dénoncé également cette vessie du principe de précaution érigée en fausse lanterne illusoire et trompeuse.
    En effet ce prétendue principe de précaution n’a protégé de rien, et ça n’a rien d’étonnant puisqu’il n’y a aucune précaution de mise en œuvre, le principe mis en œuvre consiste à utiliser et commercialiser tout ce qui peut l’être sans qu’aucune estimation et vérification des incidences ne soit réellement faite à moyen et long terme, le peu de recherche et de prétendue vérification étant faite par les propres concepteurs et vendeurs de ces produits et techniques, un leurre total.
    Le fatalisme de l’immense majorité est en effet le terreau de cette mauvaise farce assassine.

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