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Composantes de l’Islam

Je vous propose trois articles qui détaillent avec plus de précisions qu’à l’accoutumée les composantes de l’Islam. Ceci est utile pour comprendre un tant soit peu ce qui se passe entre les états du Moyen Orient et qui s’apparente plus à une guerre de religions comme celle que nous avons connue jadis dans le monde chrétien et qui continue en silence dans l’indifférence générale.

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L’Islam a connu quelques problèmes de succession suite à la mort de son Prophète Muhammad. Le quatrième Khalife (lieutenant) de l’Islam, Ali, le neveu de Muhammad, fut le plus contesté. Après plusieurs guerres, il décida donc de se retirer et, avec ses partisans, allait donner naissance à une nouvelle interprétation de l’islam : le shiisme, par opposition à l’autre grande tendance existante : le sunnisme.

 

Le sunnisme

La majorité des musulmans du monde est sunnite (plus de 85%). Ils s’appellent ainsi, faisant référence à la Sunna (Tradition islamique) qu’ils appliquent.

Au sein du mouvement sunnite, l’on distingue actuellement quatre grandes écoles d’interprétation (Madhab).

Les Hanafites : mouvement lancé par Abu Hanifa (+767), les Hanafites sont considérés comme les moins rigides dans leur interprétation de l’islam. Ils accordent en effet beaucoup d’importance au jugement personnel (ra’y) du croyant lorsqu’il s’agit de déterminer ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Les hanafites sont pour la plupart les musulmans de Turquie, d’Inde, du Pakistan,…

Les Malikites : doctrine influencée par Malik ibn Anas (+796), les Malikites se basent sur le droit musulman en vigueur à Médine du temps du Prophète Muhammad. Ils accordent également une forte importance à l’opinion personnelle (ra’y) et se retrouvent principalement en Afrique du nord et au Soudan.

Les Shafiites : héritée du juriste musulman Al Shafii (+820), la doctrine shafiite accorde beaucoup d’importance au droit musulman. Cette doctrine se retrouve dans le Golfe persique et en Indonésie.

Les Hanbalites : Ils sont considérés comme les plus rigoureux et les plus conservateurs dans leur vision de l’islam. Depuis Ahmad ibn Hanbal (+855), les Hanbalites se reposent sur une interprétation littérale stricte du Coran. Ce mouvement se retrouve essentiellement en Arabie Saoudite.

Le Chiisme

Depuis leur sécession les adeptes d’Ali, neveu de Muhammad, accordent beaucoup d’importance à leurs dirigeants religieux. C’est la grande différence avec le mouvement sunnite : les Chiites ont foi en la mission des douze Imams. C’est-à-dire que, selon eux, après le Prophète Muhammad qui a seulement révélé le Coran, douze successeurs du Prophète devaient encore venir pour en donner l’interprétation. Le premier de ces douze Imams fut Ali (+661) et le dernier, Muhammad, ne serait pas mort mais aurait été « occulté » en 874 et depuis, continuerait à influencer spirituellement les dirigeants chiites.

Au niveau géographique, la quasi-totalité de la population iranienne est chiite, mais il en existe des minorités en Iraq, au Liban, en Syrie ou encore en Inde et au Pakistan.

Il existe de très nombreuses différences dans la manière de pratiquer l’islam entre le sunnisme et le chiisme. Il n’est pas possible de les énumérer toutes mais souvent celles-ci ont pour but de rappeler aux chiites leur appartenance à la communauté d’Ali. (Par exemple il est d’usage lors de la prière que les chiites placent sous leur front une petite brique faite d’argile provenant directement d’un des lieux où est enterré l’un des membres de la famille d’Ali.)

Le Soufisme

Le soufisme désigne généralement tous les courants mystiques qui dérivent de la religion islamique. Les soufis sont donc les personnes qui ont choisi les voies mystiques. Leur nom viendrait de l’arabe suf qui désigne la robe de laine dont ils sont vêtus. Parmi eux on retrouve entre autre les marabouts africains, les fakirs, les derviches tourneurs,…

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Fiche d’actu réalisée par Adrien Briand, étudiant à l’e-médias Institut, l’école de journalisme d’Aix en Provence.

Le chiisme et le sunnisme sont les deux branches majoritaires de l’Islam. Elles sont apparues à la suite du schisme en 632, période au cours de laquelle les partisans de Mahomet se sont déchirés sa succession.

Les Sunnites (adeptes de la sunna, les règles de Dieu), subdivisés en 4 écoles, sont ultra-majoritaires et représentent environ 85% de la population musulmane. Les Chiites, quant à eux, n’en représentent que 15%. Ils sont majoritairement présents en Iran, à Bahreïn, en Irak et au Liban.

Sunnisme – Chiisme

Pourquoi cette différence ?
Le schisme, l’apparition de deux doctrines

A sa mort en 632, Mahomet n’a officiellement pas désigné de successeur. Dès lors, deux conceptions de l’Islam incarnées par deux candidats potentiels se font face. La première, celle d’un retour aux traditions tribales, est incarnée par Abou Bakr, compagnon de toujours du prophète. La deuxième, plus attachée à la désignation d’un proche de Mahomet, voit en Ali, son gendre et fils spirituel, un candidat tout désigné. Soutenu par une majorité des musulmans, c’est pourtant Abou Bakr qui deviendra le premier calife et aura ainsi pour tâche de continuer la mission de Mahomet. Il gouvernera pendant deux années un territoire qui s’étend de l’Arabie à l’Égypte. Après sa mort en 634, deux autres califes lui succéderont : Omar et Othman. Ce dernier en profite pour placer ses proches à des postes importants, mais cela ne suffira pas à empêcher un retour en force d’Ali.

Ali calife et la guerre de succession

S’estimant le successeur le plus digne de Mahomet, et souhaitant depuis toujours réunir tous les musulmans dans un Islam rigoureux, Ali défend une application stricte du Coran. Entre règles de succession (Ali souhaite en effet réduire aux seuls descendants de Mahomet la possibilité de devenir califes) et autres différences doctrinales, la ligne de démarcation est désormais claire entre les chiites (partisans d’Ali), et les sunnites majoritaires. S’en suit une guerre qui dura près de deux générations dans laquelle la haine entre Sunnites et Chiites s’enlisera et deviendra durable. Elle s’achève avec la défaite des Chiites en Irak, où le fils d’Ali est tué ainsi que son successeur, Hussein. Plusieurs tentatives ont été initiées dans les siècles qui ont suivi pour tenter d’apaiser les relations entre les deux communautés, en vain.

Ce qui change sur le plan théorique

Les sources juridiques de l’islam

Il existe trois sources communes :

  • Le Coran : Le texte fondateur
  • Le Sunna : La « loi immuable de Dieu », représentée par l’enseignement du prophète, qu’il s’agisse de ses dires ou de ses actes.
  • L’analogie : Principe auquel on a recours pour régler un problème de droit. Par exemple, si la consommation de vin est proscrite par le fait qu’il rende en état d’ébriété, alors toutes les boissons fermentées produisant cet effet le sont aussi.

Pourtant, il existe une source qui s’applique différemment selon qu’on est chiite ou sunnite :

  • Le consensus : Une réunion de savants qui définissent une solution de droit. Pour les sunnites, le consensus est établi par les oulémas (gardiens de la tradition musulmane), alors que les chiites considèrent qu’il ne peut être valable que s’il a été élaboré en compagnie de l’imam (guide de la prière).
Le rôle de l’imam et la hiérarchisation des clergés

Communément, il s’agit d’un savant dont le rôle est de diriger la prière.

  • Chez les sunnites, il n’y a pas d’intermédiaire entre le croyant et Allah, et l’imam n’a qu’un rôle de pasteur. Lors de la prière, il lit des passages du Coran et les commente.
  • Chez les Chiites, le clergé est très organisé et l’imam s’impose donc comme un guide indispensable de la communauté. La majorité des Chiites ne croient qu’en l’existence de douze imams, tous descendants du prophète, qui ont eu pour mission l’interprétation du Coran révélé par le prophète. Le premier d’entre eux est bien sûr Ali.
L’injure

Au delà du fait qu’à la déclaration de foi sunnite, à savoir « il n’y a de dieu que Dieu et Mohammed est son prophète », les chiites ajoutent « et Ali est l’ami de Dieu », il existe un phénomène qui représente un point profond de rupture entre les deux communautés : l’injure.

  • Chez les Chiites, il s’agit d’une pratique renouvelée d’excommunication des musulmans n’ayant pas soutenu Ali, et notamment Aïcha, l’épouse du prophète, ainsi que des trois premiers califes.
  • Chez les Sunnites, toute injure envers le prophète ou un de ses compagnons doit faire l’objet d’une demande de pardon.

Sur le plan pratique

La prière

Les deux doctrines reconnaissent que la célébration de cinq prières est d’usage, bien que les chiites tolèrent que seulement trois soient faites. Lors des ces prières, ces derniers insistent sur leur appartenance à la communauté d’Ali.

L’achoura

Il s’agit d’une commémoration chiite envers le petit fils du prophète ainsi que du troisième Imam chiite Hussein, massacré par un calife sunnite. Symboliquement, elle représente donc la lutte contre les oppressions et les injustices. Lors de ce rite, les Chiites se flagellent à l’aide de chaînes et parfois d’épées. Par ce biais, ils expient les manquements de leurs ancêtres.

Les lieux saints et les pèlerinages

La Mecque, lieu de naissance du prophète, est un lieu commun de pèlerinage. Les chiites quant à eux considèrent le mausolée d’Ali tout comme celui de son fils Hussein des lieux de pèlerinage supplémentaires.

  • Lire « Chiites sunnites » sur LeMondedesReligions.fr

Quels enjeux à l’heure actuelle ?

Cet antagonisme entre les deux idéologies participe aux conflits actuels de la péninsule arabique. Ces derniers ont connu une recrudescence avec plusieurs événements marquants de la fin du XXe siècle.

1979 – La révolution en République Islamique d’Iran

En 1979, l’ayatollah Khomeini mène une révolution qui met fin à la monarchie sunnite. Inquiétés, les Sunnites, qui en Irak et à Bahreïn sont au pouvoir, se prononcent pour une invasion. Teintée d’intérêts économiques (l’Iran possède une importante réserve de pétrole), elle sera menée en 1980 par l’Irak de Saddam Hussein, durera 8 ans et fera près d’un million de morts sans pour autant changer les frontières des deux pays.

2005 – Entrée du Hezbollah au gouvernement libanais et victoire des Chiites aux législatives irakiennes

Le Hezbollah entre au gouvernement libanais avec 11% de voix aux élections législatives. Il obtient alors 1 ministère sur les 24 et compte 14 députés sur 128. Ainsi, la forte communauté chiite au Liban est représentée. La même année, cette dernière arrive en tête des législatives en Irak avec près de 50% des voix, succédant ainsi à Saddam Hussein, arrêté par les Etats-Unis en 2003.

Depuis 2011 – Le conflit syrien

Cristallisée dans l’opposition Iran-Arabie Saoudite, le conflit de la péninsule arabe s’étend par procuration en Syrie. Les alaouites, sectaires issus du chiisme, y sont au pouvoir. Les sunnites souhaitent déstabiliser le croissant chiite entre l’Iran, le hezbollah libanais et la Syrie de Bachar-el-Assad. C’est une véritable guerre froide qui est à l’œuvre, d’autant plus que les intérêts économiques liés aux importantes réserves de pétrole (les plus grandes au monde) ravivent les tensions. Elle est également justifiée par la crainte de l’obtention de l’arme nucléaire par l’Iran, qui serait dans ce cas le premier pays du golf à la détenir.

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Quelle est la différence entre un chiite et un sunnite ?

Lorsque l’on évoque le Proche et le Moyen-Orient, ces mots reviennent sans cesse. La Ligue arabe est composée essentiellement de pays sunnites, l’Iran est la grande puissance chiite, le clan de Bachar el-Assad représente la minorité alaouite de Syrie… Quelles sont les différences entre ces branches de l’islam ? Petit tour d’horizon.

1. Entre chiites et sunnites un… schisme en 632

Tant que le prophète Mahomet est en vie, l’islam ne forme qu’un seul et même courant. En 632, à sa mort, des divergences de vue apparaissent.

Les chiites et les sunnites ne lui reconnaissent pas le même successeur. Ceux qui choisissent Ali, gendre du prophète, deviendront les chiites, tandis que ceux, majoritaires, qui préfèrent suivre Abou Bakr, compagnon de Mahomet, deviendront les sunnites.

2. Une organisation du clergé très différente

Les chiites reconnaissent 12 imams, réputés infaillibles dans l’interprétation du Coran. Parmi ces 12 imams se trouvent les deux fils d’Ali. Les chiites croient que le douzième imam reviendra à la fin des temps pour juger les hommes.

Pour les chiites, le Coran est une œuvre humaine, alors que pour les sunnites il a un caractère divin. Au-delà du Coran, les sunnites sont également fidèles à la « sunna », les faits et gestes de Mahomet. À travers la sunna, les sunnites tentent d’imiter le Prophète. Ils considèrent que l’Histoire est prédéterminée, alors que les chiites accordent plus d’importance à la liberté individuelle.

Le chiisme se distingue également du sunnisme par l’existence d’un clergé très hiérarchisé. Alors que les sunnites acceptent que l’autorité politique et religieuse soit fondue dans une même personne (comme au Maroc où le roi est commandeur des croyants), chez les chiites le pouvoir politique doit compter avec le pouvoir, distinct, des autorités religieuses (les ayatollahs en Iran, par exemple).

3. Les sunnites ultra-majoritaires

Les sunnites constituent le courant majoritaire, et même très largement majoritaire, de l’islam. Dans le monde, les musulmans se divisent entre environ 85% de sunnites contre 15% de chiites.

Les chiites sont toutefois majoritaires en Iran, en Irak (de peu) et au Bahreïn.

Au Liban, les chiites sont aussi devenus récemment la communauté majoritaire (ils sont maintenant plus nombreux que les chrétiens et les musulmans sunnites).

Avec environ 20% de chiites, le Pakistan compte aussi un grand nombre de disciples d’Ali.

4. Les kharidjites, les alaouites, les druzes : de petites branches dissidentes

Le kharidjisme est une secte qui s’est constituée en 660. Comme le chiisme, elle est apparue au moment des querelles de succession après la mort de Mahomet. Les kharidjites ont reproché à Ali de s’en remettre à une décision humaine et non divine pour décider qui allait diriger la communauté. C’est d’ailleurs un kharidjite qui a assassiné Ali. Cette tradition est présente chez les Berbères du Maghreb.

Les alaouites sont une branche dissidente du chiisme, alaouite signifiant « partisan d’Ali ». Ils considèrent ce dernier comme l’incarnation de Dieu sur terre. Beaucoup moins rigoristes que les kharidjites, ils prient chez eux et boivent de alcool. Très peu nombreux, ils sont au pouvoir en Syrie, à travers le clan el-Assad.

Les alaouites partagent avec une autre communauté, celle des druzes, l’habitude de garder leurs rites secrets. Répartis entre le Liban, le Nord d’Israël et la Syrie, les 500 000 druzes pratiquent une religion non prosélyte : si l’on ne naît pas dans une famille druze, on ne peut devenir druze. Formant une branche « hérétique » du chiisme, à forte dimension ésotérique, les druzes croient que Dieu se manifeste périodiquement sous une forme humaine.

Par Béatrice Roman-Amat

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