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Plus intéressant que les législatives

D’aucuns m’ont accusé de n’avoir pas parlé des résultats du 1er tour des législatives. Bien entendu, j’entends leur critique mais je leur confirme que c’était bien mon intention.

Législatives ? Quelles législatives ?

Il n’y a rien à dire du vide, si ce n’est qu’il existe. Plus d’un électeur sur deux s’étant abstenu, n’avons-nous pas une nouvelle définition du vide… En revanche je vais vous parler aujourd’hui d’un souvenir que voulait nous laisser le quinquennat finissant de notre roi du fromage, l’ex président Hollande et ses complices. Avant leur départ pour l’enfer, les socialistes, aidés par leurs « amis » de la droite ont concocté, avec l’aide active et productive de l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix scientifiques et Techniques, OPECST pour les intimes, un Credo destiné à diviniser la science et ses thuriféraires.

Passons à des choses plus intéressantes que les législatives

Je vous livre ci-dessous le texte de cette délibération qui prouve, une fois de plus, que nos politiciens ne travaillent pas pour notre bonheur mais celui de leurs bailleurs de fonds.

Après ce texte dithyrambique véritable éloge de la science, je vous livre aussi sa critique écrite par Simon Charbonneau, autrement plus intéressant puisque mettant en lumière les méfaits de la première bande de voyous contre toute la société dans son entier.

Bien entendu, je me retrouve dans le second texte et je vomis sur le premier signé par le président de l’assemblée nationale (avec des minuscules tellement c’est petit). Je vous laisse juge et vous en tirerez les conclusions que vous voudrez.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

TEXTE ADOPTÉ n° 926

« Petite loi »

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ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

QUATORZIÈME LÉGISLATURE

SESSION ORDINAIRE DE 2016-2017

21 février 2017

RÉSOLUTION

sur les sciences et le progrès dans la République.

L’Assemblée nationale a adopté la résolution dont la teneur suit :


Voir les numéros : 4417, 4421 et 4422 rect.

Article unique

L’Assemblée nationale,

Vu l’article 34-1 de la Constitution,

Vu l’article 136 du Règlement de l’Assemblée nationale,

Considérant que la France, héritière d’une longue tradition scientifique, rationaliste et de la philosophie des Lumières, a toujours incarné le progrès et la science au service de l’humanité ;

Considérant, comme le souligne le rapport « L’avenir de la consultation scientifique pour les Nations Unies » publié par l’UNESCO le 18 septembre 2016, que : « Les sciences, la technologie et l’innovation ont la capacité de changer la donne pour relever pratiquement tous les défis mondiaux les plus urgents. » ;

Considérant que les discours partisans voire sectaires fondés sur une défiance croissante vis-à-vis de l’expertise scientifique constituent une grave remise en cause de cet esprit des Lumières en s’attaquant aux règles mêmes sur lesquelles repose l’institutionnalisation de toute science ;

Considérant que la confusion entre les connaissances et les opinions constitue une sérieuse menace pour le bon fonctionnement de notre démocratie en alimentant les processus sectaires et diverses formes de radicalisation ;

Considérant que la culture scientifique est à la base de toute recherche de connaissance vraie et que, par ce fait même, son respect est la condition indispensable à l’élaboration de politiques scientifiques cohérentes ;

Considérant que la recherche scientifique et technologique constitue un élément indispensable à la compétitivité de la France au niveau européen et même mondial ;

Considérant que la culture scientifique est le ferment indispensable pour des citoyens éclairés et responsables ;

Considérant que la démocratisation de l’accès aux savoirs scientifiques constitue un progrès social essentiel et génère des défis stimulants en matière de politiques culturelle et éducative ;

Considérant que l’enseignement des sciences, depuis l’école élémentaire jusqu’aux études supérieures, représente un enjeu considérable pour notre pays ;

Considérant qu’il revient aux chaînes de télévision et de radio du service public de l’audiovisuel de donner une place éminente aux émissions d’information et de transmission des connaissances scientifiques et des progrès technologiques ;

Considérant que l’expertise scientifique n’est plus assez prise en compte dans les processus de la décision politique ;

Considérant que les gouvernements successifs, depuis des décennies, n’ont pas su consacrer l’effort budgétaire indispensable dans le domaine de la recherche et du développement contrairement à d’autres pays voisins ;

Considérant que nos universités, nos écoles et nos organismes de recherche accomplissent un travail dédié à la défense et à la diffusion de la culture scientifique ;

Considérant que l’étude des sciences, de la philosophie et de l’épistémologie, et plus généralement des sciences humaines et sociales, joue un rôle éminent dans la construction de la culture scientifique ;

Considérant qu’en se dotant d’un Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), l’Assemblée nationale et le Sénat ont souhaité que l’action et les décisions du Parlement puissent être éclairées sur les conséquences des choix à caractère scientifique et technologique ;

1. Souhaite rappeler que la science, comme n’a cessé de le mentionner l’OPECST dans ses études touchant à la culture scientifique et technique, est un vecteur essentiel de l’innovation, dimension centrale du développement de l’économie et de l’emploi dans les sociétés développées contemporaines ; qu’elle constitue également un bien commun, comme le souligne un rapport de l’UNESCO, en ouvrant les perspectives culturelles des citoyens à la recherche d’une meilleure compréhension du monde ;

2. Suggère que l’initiation aux sciences à l’école élémentaire soit considérablement renforcée pour davantage sensibiliser les jeunes élèves à la démarche scientifique ;

3. Invite le Gouvernement à veiller à la qualité des enseignements scientifiques dispensés au collège et au lycée. De fait, les évolutions récentes apparaissent alarmantes ;

4. Souhaite, ainsi que le préconisent l’Académie des sciences, l’Académie des technologies et l’Académie des sciences morales et politiques, que le Gouvernement encourage une plus grande interaction entre enseignements en sciences technologiques et sciences humaines dès les classes de lycée, ainsi que dans la suite de tous les cursus scientifiques et inversement ;

5. Invite en particulier le Gouvernement à étoffer la partie du programme de philosophie consacrée aux sciences et à l’épistémologie au lycée et dans l’enseignement supérieur. En l’état, seuls les élèves de la filière littéraire abordent les chapitres consacrés au vivant, à la théorie et l’expérience. De tels développements seraient profitables à tous et plus particulièrement aux élèves des filières scientifiques qui pourraient acquérir davantage de connaissances épistémologiques sur les pratiques scientifiques et sur les rapports science-société ;

6. Souhaite que les travaux et les recommandations des académies soient davantage suivis, tant dans les domaines de l’enseignement que dans ceux de la décision politique et considère que celles-ci devraient avoir pour mission d’émettre des avis sur les propositions du Gouvernement en matière scientifique et technologique ;

7. Invite le Gouvernement à mettre en avant des stratégies de communication et de débats avec les citoyens adaptées à l’évaluation et à la gestion des risques technologiques. L’enjeu principal de l’expertise scientifique et technique consiste à fournir une évaluation en amont de la prise de décision politique. Il convient donc de développer des procédures d’examen propres à éclairer les débats sociétaux. Il convient également d’établir une distinction claire entre les éventuels dangers intrinsèques dus à une technologie donnée et les risques inhérents à son utilisation. Ces procédures d’examen doivent établir une balance bénéfices/risques (socio-économiques, sanitaires et environnementaux) liée autant à l’adoption d’une technologie que, le cas échéant, au renoncement à celle-ci ;

8. Souhaite que les chaînes de télévision et les stations de radio du service public renforcent l’offre d’émissions scientifiques, en particulier aux heures de plus grande écoute, et s’efforcent d’en faire de véritables espaces de savoir, en veillant notamment à y donner la parole aux membres de la communauté scientifique ;

9. Invite le Gouvernement à réfléchir à des pratiques pédagogiques fondées sur l’usage raisonné des technologies numériques, en particulier à l’apprentissage du tri de l’information qui faciliterait la distinction entre des savoirs établis et des opinions sans fondement scientifique ;

10. Invite le Gouvernement à donner plus d’importance aux études et rapports de l’OPECST dans l’élaboration et le suivi des politiques qui impliquent la science ou ses applications. Cela devrait se traduire, en particulier, par un renforcement de sa responsabilité dans l’organisation du travail parlementaire et dans le développement d’une politique culturelle attentive aux grands enjeux de la science contemporaine, via notamment un avis formel de l’OPESCT joint aux textes présentés et l’élargissement de ses missions à des études d’impact préalables pour tout projet ou proposition de loi impliquant des choix à caractère scientifique ou technologique.

Délibéré en séance publique, à Paris, le 21 février 2017.

Le Président,
Signé :
Claude BARTOLONE

La politique du fait accompli
par Simon Charbonneau

  • 9 mai 2017

En février dernier, l’Assemblée Nationale a adopté une déclaration de principe relative à la science et au progrès dans la République. Cette déclaration intervient dans un contexte social où la confiance dans les vertus de la science est remise en cause. Ce texte, qui n’a aucune valeur législative, mais seulement une portée politique et doctrinale, apparaît ainsi pour ce qu’il est : un rappel à l’obligation de la foi dans la science.

* * *

LE 21 FÉVRIER 2017, a été adoptée par l’Assemblée Nationale, sous le n°926, une déclaration de principe relative à la science et au progrès dans la République.

Ce texte, qui n’a aucune valeur législative, mais seulement une portée politique et doctrinale, a été élaboré par l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Techniques (OPECST), un organisme qui a été institué par l’Assemblée Nationale pour éclairer le législateur, mais dont la fonction n’a jamais été à la hauteur des ambitions initiales.

Cette déclaration intervient dans un contexte social où la confiance dans les vertus de la science est remise en cause, à la fois par les climato-sceptiques négationnistes 1 et par des affaires publiques soulignant son absence de neutralité, en raison des liens entre la recherche et l’industrie.

La finalité de ce texte vise donc à restaurer la confiance publique dans les vertus de la science, capable de relever les défis du monde moderne, et non de les aggraver, comme cela est arrivé souvent.

Ce texte se compose de deux parties : l’une est consacrée, à l’image de la loi, aux « considérants », destinés à en expliquer les motifs, tandis que l’autre comporte des directives à caractère politique, susceptibles d’être reprises par la loi.

Faire perdre à la science sa neutralité en la soumettant à la logique économique dominante.

Des remarques préliminaires peuvent être faites quant à l’usage des mots. Tout d’abord, en ce qui concerne le mot « science », qui apparaît un peu comme un mot magique, corollaire du mot « progrès ». Aucune définition n’en a été donnée, sauf qu’il apparaît comme associé à celui de « technique » 2, révélateur de l’amalgame en vigueur.

Plus grave encore, le texte fait référence à l’innovation et à la compétitivité de notre pays, ce qui semble soumettre la science à la logique économique dominante, lui faisant perdre par la même sa neutralité. Or, le texte en question fait référence à « l’esprit des Lumières » qui, malheureusement, ne semble pas avoir habité celui de ses rédacteurs !

Parmi les « considérants », il y en a un qui a particulièrement retenu notre attention, car il est révélateur d’une conception religieuse de la science 3. A savoir, la nécessité de ne pas contester la validité des expertises scientifiques, fondatrices aujourd’hui des décisions politiques et économiques.

Il s’agit là d’une conception à l’opposée de l’esprit qui, historiquement, a conduit à l’invention de la science.

Or, justement, il se trouve aujourd’hui que de nombreuses affaires, révélées par les médias, soulignent la partialité de conclusions scientifiques, favorables à des intérêts industriels, concernant des risques sanitaires et écologiques liés à certaines pratiques industrielles.

On peut citer à ce propos l’affaire du Roundup de Monsanto 4, dont les dangers étaient connus depuis longtemps par l’entreprise, sans que des mesures de suspension de vente aient été prises, mais aussi celle des logiciels antipollution truqués par Volkswagen et Renault, dont les résultats avaient pourtant été homologués par la puissance publique.

Ces affaires démontrent le côté pervers de la foi dans la science dont se réclame la déclaration de l’Assemblée Nationale.

Les affaires du Roundup de Monsanto ou des logiciels antipollution truqués par Volkswagen et Renault démontrent le côté pervers de la foi dans la science.

Mais, au-delà même de ce constat, ce genre d’affaire pose la question des difficultés d’un contrôle démocratique de décisions échappant aux consommateurs béotiens 5. Autant, jusqu’à il y a encore une soixantaine d’années, il était facile à toute personne capable d’observation de constater la pollution émise par l’industrie ou les véhicules. Autant, maintenant, cela devient impossible, car la pollution est devenue invisible, seulement détectable par des appareils sophistiqués et des experts du domaine.

Seul le recours à des contre-expertises, menées par des experts indépendants, appartenant souvent à des associations, peut permettre de réintroduire un certain degré d’honnêteté dans ce type de dossier 6.

Mais encore, faut-il qu’un droit soit requis en faveur de personnes qualifiées de « lanceurs d’alerte ».

Or, ce droit à une expertise contradictoire et indépendante n’a jamais été reconnu comme fondamental, ni par notre pays, ni par l’Europe 7, alors qu’au regard des événements passés − amiante, sang contaminé, Médiator, etc. −, il aurait dû être institué depuis longtemps.

 

UN CONTRÔLE DÉMOCRATIQUE DIFFICILE

 

Par ailleurs, cette déclaration insiste sur le rôle à faire jouer aux sciences humaines, à la philosophie et à l’épistémologie dans la culture scientifique, souvent inexistante dans les formations du second degré.

Mais, aucune référence n’est faite à l’enseignement des humanités 8, pourtant indispensable à l’ouverture d’esprit des étudiants et lycéens. Or, dans ce domaine, l’inculture générale de ce public est quelque chose de très répandue. Un enseignement critique de l’histoire des sciences serait, en particulier, bienvenu.

L’inculture générale des étudiants et des lycéens concernant les humanités, pourtant indispensables à l’ouverture d’esprit, est quelque chose de très répandue.

Enfin, dans son point n°7, cette déclaration fait référence à la nécessité de développer « des débats avec les citoyens relatifs à l’évaluation et à la gestion des risques technologiques », « en distinguant les éventuels dangers intrinsèques dus à une technologie donnée et les risques inhérents à son utilisation. »

Malheureusement, l’expérience de l’usage de la procédure dite du « débat public », prévue par l’article L.121 et suivant du Code de l’Environnement, n’a jamais donné les résultats escomptés, dans la mesure où l’organisation des débats par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) a souvent eu lieu alors que les prises de risque collectif avaient déjà été autorisées ou acceptées.

Mais, dans ce domaine, il y a encore pire aujourd’hui, avec la numérisation de la société 9, sans qu’aucune évaluation des conséquences sociales, économiques et écologiques n’ait été faites, ni aucun débat contradictoire n’ait jamais eu lieu !

Ici, une fois de plus, c’est la politique du fait accompli qui continue, malgré les leçons du passé, pourtant très claires dans ce domaine. De ce point de vue, on peut alors dire que cette déclaration politique ne changera pas grand chose à cet état de fait.

Simon Charbonneau

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